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Quand l’Inde dresse le portrait des Etats-Unis

juin 2, 2010

Rizvan Khan, incarné par Shah Rukh Khan, parcourt les Etats-Unis pour délivrer un message contre le racisme / DR

My name is Khan de Karan Johar

Sortie le 26 mai

Classement : 4 sur 5

Bollywood nous avait jusqu’à présent habitués à des histoires d’amour mélodramatiques infiniment ressassées, à des chants et danses hauts en couleur, ainsi qu’au portrait de l’Inde qui ressort plutôt du fantasme que de la réalité. Avec « My name is Khan » de Karan Johar, le cinéma indien sort enfin des sentiers battus (et même de l’Inde), en nous dressant un portrait poignant des Etats-Unis, aux lendemains des attentats du 11 septembre.

Avouons-le : des films sur le 11 septembre, il y en a eu plusieurs, et peut-être même trop. Mais là où « My name is Khan » arrive à tirer son épingle du jeu, c’est dans ce portrait intime qu’il nous livre des musulmans d’Amérique, victimes de la paranoïa et de la haine raciste qui ont découlé des attentats terroristes. Dès les premières minutes du film, le ton est donné. On apprend que Rizvan Khan, (incarné par le superstar Shah Rukh Khan), est pris pour un terroriste dans un aéroport américain à cause de son comportement suspect. Au gré des allers-retours entre le passé et le présent, on découvre alors l’histoire bouleversante de ce jeune musulman, originaire de Mumbai, qui souffre du syndrome d’Asperger (une forme d’autisme) depuis son enfance. A l’âge adulte, Rizvan avait immigré aux Etats-Unis et était tombé amoureux d’une coiffeuse, Mandira, jouée par la sublime Kajol. Après les traditionnels et réjouissants intermèdes musicaux, ils s’étaient mariés et installés à San Francisco. Jusque là, on baigne dans l’eau de rose de Bollywood, où les sentiments amoureux sont exacerbés et célébrés. Mais tout bascule le jour où les tours jumelles chutent, et font émerger un violent racisme anti-musulman. Suite à un drame lié au changement de regard brutal des américains, Rizvan Khan se lance dans un parcours semé d’embûches pour rencontrer le président des Etats-Unis, et lui déclarer que « Je m’appelle Khan et je ne suis pas un terroriste ».

Le message est fort, fédérateur et c’est un véritable cri d’espoir pour la réconciliation des peuples, dans un contexte où les musulmans sont encore tenus comme responsables des attentats du 11 septembre, par la société américaine. (La construction d’une mosquée près du Ground Zero a récemment suscité une vive émotion et causé une vague de polémiques aux Etats-Unis). Rizvan est émouvant dans sa naïveté, liée à son autisme, et dans sa détermination à faire entendre sa voix, et celle des millions de musulmans qui peinent à assumer leur identité. Pour cause : ce racisme latent entre amis, voisins, collègues, qui est d’ailleurs démontré sans ambages dans le film et qui fait aussi peur que les attentats du 11 septembre en eux-mêmes.

En s’attaquant à des sujets aussi graves et universels, le cinéma indien serait-il en train de se renouveler, voire de s’internationaliser ? En tout cas, grâce à ce message engagé et le formidable jeu du couple mythique de Kajol et de Shah Rukh Khan, la magie de Bollywood continue à opérer et le cinéma indien gagne une place de plus sur la scène internationale.

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